Partons à la découverte d’une revue professionnelle éditée dans un autre pays, Information professional, par l’association britannique CILIP, « The library and information association« . J’ai en effet eu le loisir de lire deux leurs numéros de juin-juillet 2020 et octobre-novembre 2020. Voici un bref résumé des articles intéressants selon moi.
Octobre-novembre 2020
Dans ce numéro, je continue de découvrir la situation au Royaume-Uni.
Les bibliothèques scolaires écossaises ont fait l’objet d’un financement supplémentaire particulier du gouvernement écossais via le Scottish Library Improvement Fund, je pense sur ce qui ressemble à des appels à projets. Les bibliothécaires scolaires peuvent ainsi développer des services, soutenir l’éducation scolaire, mais aussi axer sur le bien-être des élèves et leur santé. L’accent est mis sur la créativité des programmes. Une des personnes au sein du gouvernement dit : « Nous savons d’expérience qu’une bibliothèque scolaire bien gérée peut avoir un impact positif sur la réussite et les attitudes face à l’apprentissage, donc avoir des ressources supplémentaires pour des programmes créatifs aident en ce sens. »
Dans la même veine, le service des bibliothèques scolaires de Warwickshire (un comté d’Angleterre) offre une aide pour deux villes et leurs écoles primaires, sur trois ans : une sélection d’ouvrages, une aide numérique et des visites conseils de spécialistes des bibliothèques. L’idée est d’encourager la lecture auprès des élèves et la confiance des écoles et le développement de leurs compétences pour la suite.
J’y remarque que le statut des bibliothécaires scolaires est différent de la France (bon je le savais mais même le financement est autre), plus axé sur le côté bibliothécaire (et moins sur le côté bénévole des professeurs des écoles) que l’on retrouve en France mais avec un discours appuyé sur le côté scolaire, réussite etc. L’intérêt des gouvernements est donc plus développé, mais le statut de professeurs (en plus de bibliothécaires) semblent manquer de ma vision du métier. En revanche, j’y retrouve la diversité et la créativité propres au métier dans les projets (encore une fois par rapport à l’autre n° de revue, avec une légitimité installée).
Ici un prix de l’association décerné à une bibliothécaire scolaire pour son investissement professionnel et pour ses formations, mais aussi pour son rôle dans l’association (branche écossaise, décidément ^^).
Présentation rapide d’une librairie suisse, cette fois Neuchâtel : bibliothèque publique et universitaire. On y a l’histoire du lieu plutôt un témoignage.
Présentation détaillée de la nouvelle bibliothèque publique d’Oslo, appelée Deichman, présentée niveau tourisme ici en français pour son modernisme.
Un article recense des situations de bibliothèques à travers le monde : Pakistan, Inde, Irlande, Dubai, Bengladesh, Irak, Zimbabwé, et un aperçu de la situation britannique.
Des dossiers variés sur travailler autrement en lien avec le confinement, le management, les méta-données…
Un article très intéressant sur information literacy, ou culture(s) de l’information : terme peu utilisé dans les écoles ou de façon floue. Il regroupe pour le Royaume-Uni trois autres termes : library user information (comprendre le lieu, la classification, la catalogue et les outils), classroom-based bibliographic instruction (méthodes de lecture, clés du livre…), study skills agenda (cheminement de pensées, prendre des notes, rédiger des dissertations et cie (essays)). L’article parle également du terme knowledge management, abrévié en KM. IL = information comprise dans le sens de sources publiées, KM = données récoltées par l’individu lui-même, souvent considérée comme brutes et à traiter avant d’être utiles; utile notamment au sein du monde du travail.
Un article sur des school librarians qui se démarquent : présentation d’une femme qui a formé à partir des recommandations de l’IFLA et a dû faire face à la formation professionnelle en temps de confinement.
Un court article sur le confinement britannique qui a révélé les freins à la performance des bibliothèques, en plus de ce qui fonctionne bien. Problème majeur : l’argent… Questionnement autour des pratiques de consommation des biens cultuels qui changent avec la crise. Les usagers des e-books n’ont pas été aussi nombreux que les prêts classiques d’une période « normale », avec des usagers laissés pour compte par le numérique. Les freins ont été la visibilité des offres et services, la communication et le lien avec le public, les compétences numériques et le manque de préparation.
Un livre d’une première édition de Harry Potter a été acheté aux enchères aux USA pour 40,000£, or il avait été l’objet d’un prêt fantôme (certains diraient vol) dans une bibliothèque publique britannique en 1997 (à la publication du livre). Ils vont peut-être le récupérer. Les conséquences seraient que d’autres vols d’éditions de HP qui ont de la valeur, et identifiés, pourraient être réclamés aussi (valeur patrimoniale ou vente aux enchères pour financer la bibliothèque).
Une plateforme d’accès à des documents politiques (2.3 millions de documents, rapports d’ONG, de think tanks ou encore de centres de recherche à travers le monde, avec des documents remontant jusqu’à 1920) a été créé, gratuit pour le grand public mais accès payant pour les organisations: https://www.policycommons.net
Un site de vente de vêtements et de posters sur le thème des bibliothèques a vu le jour (Kickstarter, au Royaume-Uni) et permet de financer des bibliothèques publiques (20% reversés) : https://www.publiclibraryapparel.com/
Un article parle des bibliothèques côté patrimoine, avec l’exemple de la bibliothèque Bodley (suite à la sortie d’un livre intitulé Burning the books de Richard Ovenden). Une anecdote : cette bibliothèque a sauvé un volume de Milton qui a failli brûlé et cette histoire a inspiré Philip Pullman pour la Belle sauvage. L’article parle des archives mais aussi des fake news et de la libérté d’expression et des pressions politiques et financières ressenties par les bibliothécaires et archivistes, ainsi que leurs questionnements (garder le livre d’un dictateur qui a été à l’origine d’horreurs sur les étagères des bibliothèques ?)…
