ARTICLE 1
Une prime d’équipement informatique est attribuée aux psychologues de l’éducation nationale stagiaires et titulaires et aux enseignants stagiaires et titulaires relevant du ministère chargé de l’éducation nationale, qui exercent des missions d’enseignement, à l’exception des professeurs de la discipline de documentation.
Les agents contractuels exerçant les missions des corps mentionnés au premier alinéa et relevant du décret du 29 août 2016 susvisé perçoivent la prime d’équipement informatique, sous réserve de bénéficier d’un contrat à durée indéterminée, d’un contrat à durée déterminée d’une durée d’au moins un an ou de contrats successifs d’une durée cumulée d’au moins un an sous réserve que l’interruption entre deux contrats n’excède pas quatre mois.
Les personnels visés aux premier et deuxième alinéas qui exercent à temps partiel ou à temps incomplet perçoivent la prime à taux plein.
Décret n° 2020-1524 du 5 décembre 2020 portant création d’une prime d’équipement informatique allouée aux personnels enseignants relevant du ministère chargé de l’éducation et aux psychologues de l’éducation nationale
NOR : MENH2033068D ELI : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2020/12/5/MENH2033068D/jo/texte
Alias : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2020/12/5/2020-1524/jo/texte
JORF n°0295 du 6 décembre 2020 Texte n° 4
Je suis enseignante certifiée, titulaire du CAPES documentation. Je suis professeure documentaliste, et selon le ministre de l’Education nationale, je ne suis ni en présence des élèves ni n’utilise mon matériel personnel pour travailler en dehors de mon lieu de travail.
Dans la réalité, j’accueille les élèves au CDI tout en travaillant à la gestion du lieu : logiciel de gestion de la bibliothèque scolaire, outils numériques variés tel Canva ou le classique traitement de texte, ENT fourni par la collectivité locale pour faire l’appel et échanger courriers et documents avec les collègues et les élèves.
Et je fais cours. Je n’ai pas d’emploi du temps fixe, disons du type les 6-A en cours avec moi à 8h00 un lundi sur deux (semaine paire). Je travaille en revanche par projets avec des collègues sur l’info-doc et l’EMI, éducation aux médias et à l’information. Pour ce faire, je fais ce qu’on appelle de la veille informationnelle, ici professionnelle.
Que proposent le gouvernement et ses institutions, les associations et cie ? Que proposent les collègues prof doc qui publient en ligne ? Que dit la recherche ? Quels MOOCS puis-je suivre sur mon temps libre ? Quels outils gratuits utiles et qu’on pourrait faire évaluer pour la RGPD pour utiliser collectivement ? Et la veille médiatique : que se passe-t-il niveau réseaux sociaux, médias et actualités que je pourrais travailler avec les élèves (quelques ex. de ce qui m’a été utile ce dernier mois : harcèlement, violences en ligne, fiabilité de l’information scientifique, complotisme…)
Cette veille me sert à alimenter le portail du CDI que j’ai complètement pris en main durant le confinement (il était neuf et bien différent suite à une mise à jour d’envergure de l’outil). Cette veille me sert à créer des expositions, que je suis obligée de créer entre mon lieu de travail et chez moi (ma semaine pro fait 30h et j’ai de nombreuses tâches à effectuer et de nombreuses interruptions, cela dépasse forcément). Cette veille me sert à créer mes supports pédagogiques, à concevoir mes cours et à évaluer, souvent co-évaluer avec un-e collègue, les élèves.
Qu’on nous parle de blabla, de revalorisation salariale autrement que par la prime informatique… alors que notre niveau de rémunération est déjà inférieure à celle des autres collègues…
- prime annuelle de 1 213,56 € pour tous-tes les certifié-es et les agrégré-es Vs. prime annuelle prof doc de 767,10 € (pour nous un contrat à 30h en établissement + 6h [+travail à domicile non quantifié par les études])
- pas d’agrégation, donc pas de moyen d’améliorer son salaire via un autre concours d’enseignement, qui de surcroît donne accès à des postes dans le supérieur
- pas d’heures supplémentaires dites HSA
- éventuellement rémunération pour ces heures supplémentaires par des moyens autres (and shady), ex. des « intervention extérieure » (alors que nous ne sommes pas extérieur-es…) avec un % de rémunération inférieur aux certifié-es (qui sont déjà défavorisé-es par rapport aux agrégré-es)
- et maintenant, PAS DE PRIME INFORMATIQUE !
Il n’empêche que cette semaine, niveau numérique, j’ai fait mes 30h sur site et compensé les problèmes de réseau sur deux heures par mes données mobiles. J’ai aussi préparé une réunion professionnelle de chez moi, cinq séances pédagogiques chez moi, répondu à une dizaine de mails chez moi, fait une partie de ma veille dans les transports et chez moi.
Que faire pour être reconnu-e ? Je pense que le soucis vient d’une part de la surféminisation du métier d’enseignant-e + de professeur-e documentaliste. Les fonctionnaires les moins rémunéré-es sont là où se trouvent les femmes en surnombre : enseignement, santé…
Mais en bonnes fonctionnaires éduquées par le genre, les femmes subissent harcèlement et violences au travail, propos violents de leurs majoritairement hommes (blancs, et cisgenres) supérieurs/inspecteurs/ministres/présidents, ainsi que les gestes symboliquement violents…
Pour rester sur l’argent, seulement, le patrimoine étant important pour élever son niveau de vie et s’en sortir dignement en cas de séparation familiale ou vie de célibataire ou vie très longue dans la vieillesse… Notre gouvernement masculin se dit républicain, mais il pas n’a pas une rémunération de ses personnel-les républicaine.
