Depuis mon arrivée en Île-de-France, je vais chaque année au salon du livre jeunesse de Montreuil.

Étant d’une autre région, je n’en avais jamais entendu parler avant de devenir francilienne et sans mon métier, je serai peut-être passer à côté. Pourtant, je connais des gens qui vivent proche de Montreuil depuis leur enfance et qui ont associé ce lieu à une sortie en famille importante. Mais ce n’est plus dans leur centre d’intérêt et les salons me prennent toute mon énergie.

En effet, dans les côtés négatifs, le mot SALON est le premier qui revient. C’est un rassemblement de librairies géant, composé de maisons d’édition et agrémenté d’une exposition, de queues de dédicaces et de bruit, de foule, de froid/ou de chaleur (novembre oblige dans un grand espaces sur 2 étages).

Le bruit dépend des jours (le salon ayant lieu du mercredi au lundi) : le début du salon couvre plutôt des sorties scolaires. Si j’admire ces projets de mise en relation avec l’univers du livre, je n’ai qu’une question : avec quelle énergie ?

Le salon oscille entre bien conçu et mal conçu : on ne peut se poser nulle part pour s’asseoir malgré les évolutions progressives (je vois un espace lecture parents-enfants et je n’ose pas y rentrer !). Les groupes de jeunes sont nécessairement dans le chemin, et les ados prennent toute la place, à se chamailler, se battre, courir… Par fatigue, par excitation, par habitude de vivre leur espace par des contacts physiques nécessaires mais un peu violents.

Lors des rencontres d’auteurices, les élèves sont partiellement intéressés, partiellement à jouer sur leur téléphone (selfies, jeux vidéo…) et mastiquent inlassablement leur chewing-gum en faisant des bulles. Mais cette année (ou ai-je oublié avec la longue crise sanitaire ?), ils sont prioritaires pour s’installer via les réservations de groupe. Dans mon souvenirs, il y avait plus de visiteurices seul•es comme moi, entre prof solo et infleuceur•ses, petits groupes de jeunes adultes geeks… Et la programmation m’intéressait plus.

Une fois la fin des groupes, ce sont les familles et les geeks de lecture (dont je fais partie) qui forment des masses. Parfois je viens un jour du week-end avec des ami•es mais jusqu’ici, je suis toujours venue au moins 2 jours, généralement 3.

Parmi les points positifs, les négatifs n’étant que liés à l’organisation et à ma façon de fonctionner, voici quelques items. L’engouement autour de l’objectif livre fait plaisir, on y rencontre des petites maisons d’édition régionales ou indépendantes, récentes ou anciennes…

Du côté professionnel, il y a un stand sur la Sofia ou des associations chargées de promotion de la lecture sans oublier l’espace professionnel pour les artistes et auteurices (un membre de ma famille a déjà eu un rdv professionnel pour parler à des acteurs pour une sorte de coaching afin de se lancer dans l’édition).

Par le passé, je faisais toutes les rencontres que je pouvais ou presque. J’ai vu des auteurices étatsunien•nes connues pour des best sellers mondiaux, de jeunes auteurices qui ne se sentaient pas légitimes, des remises de prix, des lectures orales ou des mises en musique… J’ai feuilleté des revues ado qui venaient de paraître ou assisté à des lancements de concours.

Professionnellement, ça a été riche. Personnellement aussi. Cette année, je m’ennuie professionnellement et personnellement, j’ai l’impression d’avoir fait le tour. Par mon activité bénévole, j’ai l’opportunité d’interviewer deux auteurices et c’est ma seule excitation.

Je connais des prof doc qui ne viennent que pour les dédicaces et font des queues interminables pour des illustrateurices de renom par exemple.

Ma première dédicace s’est porté sur un auteur que je connaissais pas du tout, sans queue, juste parce que sa couverture des tomes 1 et 2 me plaisaient. Puis l’année suivante, j’ai pris le tome 3. Puis l’année suivante, un nouveau roman. Depuis, je ne fais dédicacer qu’au nom de mon établissement pour faire des économies (je dépense sinon de l’argent…) et avoir malgré tout l’impression de promouvoir la lecture.

Je pense que les années à venir, je jugerai quel jour je viendrai et je me ferai un programme strict et court. Mon énergie s’épuise. Mais en même temps, je sais que je serai nostalgique si je venais un jour à muter loin !

Donc à l’avenir, mon plan sera :

  • Lire le programme des rencontres, etc, et me fier aux postes des réseaux sociaux d’influenceur•ses de lecture
  • Choisir une demi-journée
  • Venir avec des ami•es
  • Venir avec du liquide pour limiter les achats spontanés (cadeaux, ouvrages qui m’intriguent et que je ne verrai jamais ailleurs)

Hashtaguement vôtre.

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